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Ressources humaines Formation | |  | Les évolutions viendront d’Internet Comment le secteur de la formation professionnelle vit-il la conjoncture actuelle ? Comment les attentes des entreprises évoluent-elles en la matière ? Qu’est-ce qui les attend demain ? Enjeux et actions fait le point avec Marie-Christine SOROKO déléguée générale de la Fédération de la Formation Professionnelle (FFP). | | | Enjeux et actions : Vous êtes au cœur des problématiques des acteurs de la formation professionnelle, que peut-on dire de l’activité du secteur en 2009 ? Marie Christine Soroko : Notre observatoire économique montre que les organismes de formation adhérents de la FFP ont enregistré en 2009 un recul de leur activité de l’ordre de 2%. Bien que cela puisse paraître minime au regard du ralentissement rencontré par d’autres secteurs, c’est la première fois que nous observons une baisse aussi importante. Précisons d’ailleurs que le secteur de la formation professionnelle n’avait plus connu de baisse depuis 2002.
Dans ce contexte, il semblerait que certains aient plus souffert que d’autres, c’est le cas des généralistes qui sont aussi souvent les plus grosses structures.
Fait intéressant, les adhérents de la FFP semblent également avoir mieux résisté à la crise que les autres, si on en croit le faible nombre de dépôts de bilan. Cela démontre la force de notre réseau professionnel qui les tient informés et qui leur permet de mieux anticiper les soubresauts.
Au vu des premiers mois de l’année nous anticipons une reprise d’environ 1,5% pour 2010.
EA : Quelles évolutions constatez-vous dans la pratique quotidienne et plus précisément en termes de thèmes, durée et évaluation des formations ? MCS : En termes de durée, on constate que le raccourcissement des formations se poursuit. Nous observons une certaine baisse tendancielle qui correspond à la volonté des entreprises de former au plus près de leurs besoins.
Au niveau des thèmes, l’évolution des métiers et des fonctions nécessite aujourd’hui davantage de compétences transversales et comportementales. Les tâches et les activités sont de plus en plus diverses ce qui suppose que les salariés acquièrent de multi-compétences.
Les entreprises travaillent en mode projet, en multitâches. Dans tous les domaines d’activité, les salariés ont davantage de contacts, que ce soit en externe (clients) ou en interne (services généraux). Tout cela requiert en plus des compétences métier souvent déjà maîtrisées, des compétences transversales.
Enfin, nous sommes confrontés à une sorte de paradoxe. Les entreprises exigent des formations immédiatement opérationnelles et en même temps elles souhaitent qu’elles soient certifiantes. Or, il est forcément plus difficile de certifier une formation courte. En effet, titre et diplôme requièrent des formations longues.
Pour répondre à cette problématique la FFP a créé un certificat professionnel (CPFFP) qui permet d’attester qu’un individu qui a suivi une formation a acquis la maîtrise d’un métier, d’une fonction ou d’une activité, et ce quelle que soit la durée ou la nature de la formation. Ce CPFFP est aujourd’hui de plus en plus demandé par les entreprises qui y voient un intéressant et pragmatique mode de validation.
EA : Quelles initiatives ou innovations pédagogiques destinées à l'évolution et au développement des compétences avez-vous observées récemment ? MCS : L’équation entre individualisation des formations, évaluation et certification est difficile à mettre en œuvre. Nous ne sommes plus dans le cadre d’une formation stricto sensu. Il faut d’abord parfaitement identifier en amont les besoins de la personne à former ainsi que les objectifs à atteindre, ce qui permet de mieux évaluer les acquis ou les compétences, avant de délivrer un certificat.
C’est probablement sur les modes d’évaluation qu’il nous reste le plus de progrès à faire. Pour que l’évaluation ait un sens il faut que l’entreprise s’implique car c’est elle qui est en mesure d’effectuer l’évaluation à froid et de mesurer l’efficacité de la formation. Ce processus est à la fois long et cher. En France, par rapport à d’autres pays notamment anglo saxons, il n’est pas encore assez mis en œuvre.
En matière d’innovation le elearning est devenu une réalité pour laquelle il y a une forte demande de la part des entreprises. Les organismes de formation investissent beaucoup dans ce domaine. Ces outils sont de plus en plus demandés par les jeunes générations fascinées par les nouvelles technologies.
Nous allons certainement voir apparaître des offres novatrices comme par exemple sur les formations à la gestion du stress ou sur les risques psycho sociaux dans l’entreprise.
Le vrai changement dans notre secteur vient précisément d’Internet qui rend le savoir facilement accessible à tous. Il faut donc travailler sur le profil des formateurs qui ne
transfèreront plus du savoir mais qui aideront les stagiaires à sérier ce qui est important. La formation de demain aura moins besoin de « sachants » et davantage « d’accompagnants ». Ce n’est pas tant un savoir académique qu’il s’agira de diffuser mais un savoir opérationnel.
EA : Pensez-vous que les dispositions prévues par la nouvelle Loi sur la formation professionnelle de renforcer l'évaluation et la qualité de l'offre de formation sont un atout pour l'entreprise et le salarié ? MCS : Le principe de l’évaluation fait effectivement partie de la loi. Toute la difficulté est de déterminer comment la loi va pouvoir s’appliquer. Nous y travaillons en liaison avec la DGEFP (Direction Générale de l’Emploi et de la Formation Professionnelle).
Aujourd’hui cette évaluation est difficile à mettre en œuvre notamment sur les modules courts et les fonctions comportementales. Bien évaluer suppose a minima d’avoir bien défini les objectifs et les compétences à acquérir en amont.
Le plus tangible est un titre ou un diplôme mais ils ne prouvent pas que le stagiaire soit devenu plus opérationnel.
Quant à la qualité de l’offre de formation, depuis toujours elle est au cœur de nos préoccupations. La qualité et le professionnalisme sont des fondamentaux de la FFP. Nous y sommes très attachés. Certes il existe sur le marché beaucoup de labels mais il faut savoir les distinguer car « trop de labels tuent le label ». Pour notre part, nous recommandons trois démarches qualité pour permettre aux acheteurs de choisir.
Il s’agit de la qualification OPQF délivré par l’ISQ (Intellectual Services Qualifications) qui permet une reconnaissance du professionnalisme par les acheteurs, de la certification ISO qui garantit la conformité à la norme Iso 9001 et le label NF service de l’Afnor.
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