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alaunemai17 Quels sont les enjeux et les objectifs du CPA ?
Pour bien comprendre les enjeux du CPA, il faut repartir de la philosophie qui a conduit à sa création. Il s’agit d’un compte de droits dont l’objectif est de s’adapter aux nouveaux enjeux du travail et particulièrement au fait que désormais les parcours sont moins linéaires. C’est pour cela que les droits sont attachés à la personne et portables lorsque le bénéficiaire change d’univers professionnel.
Le CPA a également pour vocation de développer l’autonomie des usagers dans l’utilisation et la compréhension de ses droits. En effet, le CPA peut être utilisé sans intermédiaire pour les personnes qui le souhaitent, bien qu’il soit possible de se faire aider par un Conseil en évolution professionnelle (CEP) ou par l’entreprise.
Le CPA regroupe 3 comptes : le Compte personnel de formation (CPF), le Compte prévention de pénibilité (CPP) et le Compte d’engagement citoyen (CEC).

 

Qui est concerné par le CPA ?
Tout le monde est concerné - dès 15 ans et demi et jusqu’à la fin de sa vie - et peut ouvrir un CPA (en se connectant à son espace personnel sur www.moncompteactivité.gouv.fr). Chacun, en fonction de sa situation professionnelle, acquiert des droits dès lors qu’il est actif. Les chômeurs en revanche n’en acquièrent pas durant leur période d’inactivité, mais ils conservent l’antériorité des droits acquis.
Le CEC fonctionne dans une logique plus large et ne concerne pas que les actifs. Il permet d’acquérir des heures de formation en reconnaissance d’actions de bénévolat ou d’autres activités extra-professionnelles au service de l’intérêt général. Il permet d’obtenir jusqu’à 60 h de formation supplémentaires quelle que soit la situation professionnelle.

Le CPA a transcendé la notion de statut mais il reste des éléments qui y sont liés. Le statut reste déterminant non pas pour acquérir les droits mais pour les utiliser dans la mesure où les listes des formations éligibles sont fonction du statut.

Des dispositions sont prévues pour ceux qui en ont le plus besoin : 
- les salariés non qualifiés (qui n’ont aucun diplôme ni titre, ou seulement le diplôme national du brevet). Ils ont droit à 48h de formation par an, au lieu de 24 et à un plafond de 400 heures au lieu de 150 ;
- les jeunes de moins de 26 ans sortis du système scolaire sans qualification. Ils peuvent bénéficier d’autant d’heures que nécessaire pour suivre une formation professionnelle continue.

 

Comment le CPA s’articule-t-il avec le CPF ?
Ils sont très corrélés. Le CPA comporte 3 comptes, le CPF étant le plus ancien puisqu’il existe depuis 2015. Le dispositif prévoit un mécanisme de fongibilité des 3 compteurs. Les heures de CEC sont des heures CPF utilisables en complément (150 h + 60 h) mais qui peuvent également être utilisées seules. Il est également possible de transformer les points du CPP en heures CPF : le but est de permettre aux bénéficiaires de se tourner vers des métiers dans lesquels ils seront moins exposés.
En résumé, il existe bien 3 comptes distincts mais qui peuvent tous converger vers des heures CPF. Cela confère plus de droits aux usagers pour financer leur formation.
Parallèlement, les usages des droits CPF ont été élargis dans le but de renforcer la sécurisation des parcours ; il est désormais possible d’y intégrer un bilan de compétences, des actions d’accompagnement à la création d'entreprise ou encore le permis de conduire qui est souvent un frein à l’emploi.

 

Qu’est-ce que cela change pour les entreprises ?
Pour les entreprises, pas de bouleversement, le dispositif s’inscrit dans la continuité du CPF. La portabilité des droits n’aura pas d’impact sur elles et elles conservent la responsabilité du plan de formation.

Comme pour le CPF, il est intéressant qu’elles puissent relayer les informations sur le CPA auprès de leurs salariés, notamment ceux qui veulent se former, et en particulier les salariés moins qualifiés qui bénéficient de plus de droits pour le faire.

Pour cela, le ministère met à leur disposition un kit de communication prêt à l’emploi sur le site du ministère du travail. Il est fréquent et utile, lorsqu’un salarié a un projet de formation et d’évolution, que l’entreprise joue ce rôle de conseil de premier niveau et éventuellement qu’elle informe le salarié de la possibilité de se faire accompagner par un CEP.

 

Quel conseil donneriez-vous aux entreprises adhérentes d’AGEFOS PME par rapport au CPA ?
Toujours dans cette logique d’information, je leur conseillerais de se tourner vers AGEFOS PME avec qui nous sommes en lien permanent sur le sujet. Les entreprises peuvent faire remonter toutes leurs questions à leur OPCA qui les relaient au ministère. Nous co-construisons également des réunions communes destinées à faire le point sur les situations rencontrées par les adhérents, dans l’objectif permanent d’améliorer collectivement le CPA.



 

Le CPA,  pour s’adapter au nouveau marché du travail et à ses mutations

Des parcours professionnels plus variés, de nouveaux métiers et de nouvelles formes d’emploi, l’ambition du CPA est de donner à chacun les moyens d’anticiper les transitions subies ou choisies pour mieux rebondir.
Nous avons rencontré Muriel Metivet, Directrice du projet « Compte personnel d’activité » au Ministère du Travail qui répond à nos questions sur ce nouvel outil. Interview.

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