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alaunenp09-16 Quels sont les impacts de la réforme sur les missions du responsable formation ?
Il est important de rappeler en préambule que les entreprises sont soucieuses de leur développement et convaincues de l’utilité de la formation.
C’est un peu le sens de la réforme ; il n’est pas nécessaire d’avoir une obligation légale pour investir dans la formation. Cependant, il ne faudrait pas atténuer cette avancée avec des modalités de mise en place trop compliquées.
Il faut également resituer cette réforme dans le contexte de l’évolution globale des entreprises. La nécessité d’adapter les compétences aux nouveaux enjeux est au cœur de leurs préoccupations. C’est d’autant plus vrai que les compétences issues des formations initiales ne sont pas toujours totalement alignées avec les besoins des entreprises.
Avec la réforme, la formation est passée du statut d’obligation légale à celui d’investissement. Cela conduit le responsable formation à se poser la question des moyens et des fins ; il va chercher les meilleures modalités et les prix les plus justes.
La réforme ajoute deux notions qui impactent aussi le rôle du responsable formation : l’employabilité dans la durée et la responsabilité du salarié.
Comme pour toute réforme, la mise en place n’est pas simple. Les principes ont été posés mais la mise en œuvre, l’appropriation des dispositifs et leur amélioration demeurent à construire.
Les entreprises ont la nécessité de mobiliser des dispositifs qui sont normalement à la main des salariés dans la mesure où chacun est désormais responsable du développement de ses compétences.
Il y a donc un vrai travail de pédagogie à faire dans l’entreprise.

Dans quel sens les compétences du responsable formation doivent-elles évoluer ?
Les services formation avaient acquis les compétences pour gérer la formation dans le cadre contraignant et compliqué d’avant la réforme et on leur demande aujourd’hui de fonctionner autrement. Le rôle du responsable de la formation qui était très axé sur la gestion et l’optimisation budgétaire est désormais plus centré sur les modalités d’apprentissage. Cela va nécessiter une adaptation.
Lorsqu’il doit traiter des sujets tels que les formations au management, le développement des dynamiques d’équipe, le responsable formation s’interroge pour savoir s’il va le faire en MOOC, en e-learning, en présentiel… Cela mobilise des compétences relativement nouvelles.
Les responsables formation développent de plus en plus leurs compétences dans la conception pédagogique et ils jonglent avec les différents outils.
Le défi pour eux est de proposer des formations efficaces dans un contexte d’accélération des transformations, tout en respectant le temps de l’apprentissage et l’individualisation de la formation.
Cependant, il y a de belles opportunités et beaucoup d’innovations dans ce domaine là, que ce soit en termes d’outils ou de dispositifs.

Comment la réforme se déploie-t-elle dans les entreprises ?
Cela dépend de la taille de la structure, c’est hétérogène.
Le CPF mobilise les entreprises. Tout le monde a identifié dans un premier temps les sujets tels que les listes du répertoire, l’ergonomie du CPF ou encore qu’il allait falloir défendre tous les ans un montant qui n’est plus obligatoire.
En revanche, dans le déploiement de la réforme, rien n’était prévu concernant l’explication du dispositif. Les directions des ressources humaines se rendent compte maintenant que c’est à elles que revient cette mission.
D’autres points en sont encore au balbutiement. C’est le cas par exemple du volet qualité de la formation, qui est très important dans la réforme et qui est tout juste amorcé.
Il faudra attendre 2 ou 3 ans pour voir ce que la réforme a réellement fait évoluer.

Dans quelle mesure peut-on dire que la réforme induit un renforcement du rôle stratégique du responsable formation ?
La fonction formative est de plus en plus stratégique dans le contexte actuel des entreprises.
Le rôle du responsable formation est renforcé parce que les entreprises ont besoin de compétences toujours plus adaptées à la réalité.
Toutes les directions générales ont pour priorité d’accroître leur agilité.
Les entreprises cherchent à s’adapter de la meilleure façon dans les meilleures conditions pour gérer les transformations qui les attendent avec les bonnes compétences et un management performant.
La mission du responsable formation aujourd’hui est d’accompagner cette agilité des organisations.
Pour être plus agile, il faut que les moyens d’actions soient agiles. La réforme va dans le bon sens car le contexte est moins rigide qu’avant.

Quel accompagnement est attendu de la part des OPCA, comme AGEFOS PME ?
Les OPCA travaillent beaucoup sur la qualité et ils devraient donc aider les entreprises à avancer sur ce sujet.
Ils ont aussi un rôle sur l’accompagnement de la mise en place de la réforme afin de contribuer à ce qu’elle produise des effets positifs ; ce sont les OPCA qui sont en charge de l’appropriation par les acteurs des bénéfices de cette réforme.
Eux-mêmes sont d’ailleurs impactés par cette réforme. Ils doivent faire prendre conscience de leur valeur ajoutée, de leur rôle de service afin de justifier aux yeux des entreprises l’intérêt de passer par un tiers pour faire gérer les fonds de leur formation.
Les OPCA sont attendus sur l’aide à l’appropriation des outils et des dispositifs, ainsi que sur la mobilisation de ces dispositifs. C’est particulièrement vrai pour les PME.



 

Le rôle du responsable formation renforcé

La réforme de la formation a des conséquences directes sur les services formation des entreprises qui doivent la mettre en œuvre. Pour comprendre le contexte et les enjeux, nous avons rencontré Bénédicte Ravache, secrétaire générale de l’ANDRH. Elle fait le point sur ce sujet d’actualité. Interview.

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